Le Butin De Storms doit-il être restitué ?

On peut se poser la question si le la tête trophée et les objets volé a lépoque par Storms doivent être rapatriés au peuple Tabwa.
Le retour de Lusinga Iwa Ng’ombe

Dans une boîte qui se trouve à l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique repose le crâne de Lusinga lwa Ng’ombe. Le 4 décembre 1884, ce puissant chef tabwa qui vivait dans la région du lac Tanganyika fut décapité lors d’une expédition punitive commanditée par Emile Storms. Ce militaire belge, autrefois décoré, aujourd’hui oublié, dirigeait la 4ème expédition de l’Association Internationale Africaine. Il faisait tuer les chefs rebelles et il se constituait une collection de crânes pour impressionner ses ennemis. A la fin de son séjour en en Afrique, Storms ramena le crâne de Lusinga mais aussi ceux de deux autres chefs locaux (Mpampa et Marilou). Alors qu’ils sont toujours conservés en Belgique, ces restes humains invitent à un travail de mémoire sur des crimes qui ont été commis au nom de la « civilisation » dans les premiers temps de la colonisation. Ils questionnent aussi notre présent. Peut-on se contenter d’une muette solution de « stockage » dans un musée ? La Belgique ne doit-elle tout mettre en œuvre pour rendre possible le retour de ces restes humains en Afrique? Le « butin » de Storms fut aussi constitué de plusieurs statuettes qui font partie des “trésors” du Musée Royal de l’Afrique centrale à Tervuren…

Le gouvernement belge favorable à une restitution du crâne de Lusinga!

Un article publié par Michel Bouffioux sur le site Paris Match.be, le 30 mars 2018

Trouvé sur :https://parismatch.be/actualites/132376/exclusif-crane-de-lusinga-le-gouvernement-belge-favorable-a-une-restitution-des-restes-humains

Zuhal Demir, la Secrétaire d’Etat à la Politique scientifique du gouvernement belge, se dit favorable à une évolution législative permettant la restitution aux familles congolaises apparentée…

Zuhal Demir (N-VA), la Secrétaire d’Etat à la Politique scientifique du gouvernement belge, se dit favorable à une évolution législative permettant la restitution aux familles congolaises apparentées des crânes qui ont été « collectés » par un militaire belge pendant les premiers temps de la colonisation.

Entre 1882 et 1885, le militaire belge Emile Storms commandait la 4ème expédition de l’Association Internationale Africaine dans la région du lac Tanganyika. Lorsque des chefs locaux refusaient de se soumettre à son autorité, ils étaient l’objet d’expédition punitives. Certains d’entre eux ont été décapités et leurs villages ont été incendiés et pillés. Storms faisait collection des crânes de ses ennemis. Il en ramena trois en Belgique. L’enquête publiée le 22 mars 2018 par Paris Match Belgique retraçait le parcours de ces restes humains et particulièrement de ceux appartenant à Lusinga lwa Ng’ombe, un puissant chef Tabwa qui eut la tête tranchée le 4 décembre 1884 alors que ses villages étaient réduits en cendre, que plusieurs dizaines d’habitants étaient assassinés par des mercenaires, que plus d’une centaine d’autres personnes étaient capturées sans que l’on sache ce qu’elles devinrent et que des femmes étaient victimes de viols collectifs…

En 2018, le crâne de Lusinga, ramené en Belgique par le commanditaire de ces crimes, se trouve conservé dans une boîte à l’abri des regards, au sein de l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) à Bruxelles. Il en va de même pour un deuxième crâne, celui d’un autre chef insoumis qui s’appelait Marilou. Le troisième crâne de la « collection Storms », celui d’un prince appelé Mpampa, a disparu.

Dans le cadre de l’enquête de Paris Match Belgique, la directrice de l’IRSNB, Camille Pisani s’était déjà déclarée favorable à une restitution de ces restes humains en cas de demande d’une famille congolaise apparentée. Toutefois ces crânes sont légalement la « propriété » de l’État belge dont le patrimoine est inaliénable. Le chemin d’une éventuelle restitution, une première en Belgique, passe par l’adoption de dispositions législatives spécifiques.
« Ces crânes ne sont pas des objets de musée »

Nous avons cherché à connaître la position du gouvernement belge sur ce débat à forte teneur éthique et symbolique. C’est la secrétaire d’État à la politique scientifique, Zuhal Demir (N-VA) qui est compétente dans ce dossier car elle assure la tutelle des Établissements scientifiques fédéraux dont l’IRSNB fait partie. Après avoir lu notre enquête, la secrétaire d’État nous a fait savoir qu’elle était « très choquée » par les faits d’une extrême violence qui ont conduit, in fine, à l’aboutissement de ces restes humains dans un musée en Belgique. « Nous ne sommes pas responsables de ce qui s’est passé il y a plus de cent ans, mais nous le sommes de ce que nous faisons de ces restes humains aujourd’hui », nous dit-elle, via sa porte-parole. Elle ajoute : « Clairement, ces crânes ne sont pas des objets de musée. Ce sont des restes de personnes humaines identifiées. Nous leur devons le respect. Dès lors, si une famille congolaise apparentée devait les réclamer, je serais favorable à une évolution du cadre légal afin de permettre leur restitution. » La secrétaire d’État estime enfin que si une telle restitution devait avoir lieu, elle devrait se faire dans le cadre d’une « cérémonie officielle » afin que la Belgique contemporaine témoigne d’une « attitude respectueuse » à l’endroit des familles concernées et qu’elle prenne clairement ses distances par rapport aux faits qui ont été commis.

Des descendants de Lusinga ou de Marilou se manifesteront-ils ? L’avenir nous le dira…